Rock en Seine, Jour 1

Publié le par Eva Pigeon

Cette année, j'ai réalisé une sorte de rêve musical : je suis allée à Rock en Seine.

Rock en Seine, Jour 1

Je vais donc vous faire un petit résumé personnel, de mes trois jours de festival, mes concerts, mes artistes, mes impressions et mes souvenirs.

Let's go : le premier jour!

Mon premier concert de ma première journée de mon premier festival de musique fut Big Black Delta sur la scène Industrie. Il s'agit du projet solo de Jonathan Bates, un artiste de Los Angeles. Accompagné d'un batteur, il faisait des aller-retours entre sa platine et le reste de la scène pour livrer de l'électro-rock bien énergique en guise d'ouverture du festival, d'abord en chemise, qu'il a ouverte pour finalement l'enlever, à cause de la chaleur qui régnait à St Cloud mais aussi parce qu'il passait la moitié de son temps à sauter et danser partout Je ne connaissais pas du tout ce mec, même pas de nom je crois, et je dirais qu'il m'a donné une bonne impression de départ, avec les basses qui retentissent dans la poitrine et son enthousiasme visible et agréable.

Je vous propose d'écouter "Side of the Road" qui donne un assez bon aperçu de ce que fait Bates.

Je n'ai pas vraiment enchaîné tout de suite avec un autre concert, on a décidé de faire un peu un tour dans le festival pour voir où étaient et à quoi ressemblaient les scènes, les stands et les gens. On a fini par s'asseoir à côté de la scène Pression Live en écoutant vaguement Skaters, qui ne m'ont pas laissé de souvenir particulier, puis on est allés s'installer sur le devant en attendant Daughter.

Le groupe (des Anglais) a donc commencé à jouer vers 18h. J'avoue que je connaissais très peu, et dans mon esprit ils faisaient plutôt du folk. En fait, pas vraiment. ils tendent un peu plus du côté XX de la Force, souvent planant, avec des morceaux qui prenaient plus d'ampleur que je ne m'y attendais, et aussi plus que leurs versions studio, ce qui est plutôt appréciable pour un live. Quelques mots échangés avec le public, un assez bon panorama de leur oeuvre et c'est une bonne impression que m'a laissé ce groupe dont le guitariste (si je me souviens bien) a fait l'effort de parler un peu français, ce qui a eu le don d'augmenter pour moi leur capital sympathie.

J'ai trouvé cette version de "Winter" en live à KEXP que j'ai trouvée assez bonne...

Avant d'aller voir l'un des groupes pour lesquels je m'enthousiasmait le plus par avance, on a fait un petit détour du côté de la Grande Scène où jouait Tame Impala. Je connais un peu leur dernier album, qui m'avait plutôt plu, comme je le dis ici et donc, j'étais curieuse de voir ce qu'ils donnaient sur scène. Comme le concert avait déjà commencé et que l'espace réservé au public était immense, c'est depuis un peu loin que j'ai assisté à leur performance. Honnêtement, je n'ai pas été particulièrement emballée, les parties instrumentales un peu psychédéliques furent trop nombreuses et trop longues à mon goût, et le fait de ne pas être au coeur de l'ambiance ne m'a peut-être pas non plus aidée à mieux adhérer.

On en arrive au fameux groupe que j'attendais impatiemment : Alt-J. Sachant que j'ai écouté leur album des dizaines et des dizaines de fois depuis un peu plus d'un an, j'étais complètement ravie d'aller les voir en concert. Ayant réussi à me mettre au premier rang, j'ai bien pu profiter du live. En tant que fan inconditionnelle de leur album An awesome wave (j'en ai aussi parlé précédemment), je n'ai pu qu'apprécier d'entendre encore leurs morceaux hybrides mi-tribaux, mi-choraux, mi-planant, mi-dansants, mi-positifs, mi-déprimants (oui, autant de "mi" font plus que un), et deux ou trois chansons qui ne figurent pas sur l'album. Je dois aussi dire que je les trouve aussi adorables par leur bizarrerie individuelle, et que j'étais fort enthousiaste de pouvoir enfin crier en toute impunité, et avec une exactitude allant de la totalité des mots exacts à un yaourt d'onomatopées, les paroles de leurs chansons au milieu de gens qui me comprenaient - d'ailleurs j'ai été assez surprise de voir que tant de gens connaissaient les paroles qui ne ressemblent que rarement à des paroles, justement. Mais si on veut être vraiment honnête, il faut aussi avouer que ce groupe manque un peu d'ampleur sur scène, assez statiques et peu portés sur la communication avec le public, et leurs morceaux ne gagnent pas vraiment quelque chose une fois portés sur scène, ce qui est un peu frustrant car on a l'impression que des trucs pareils pourraient être encore plus géniaux en live, même si on ne sait pas trop comment, après tout ce sont eux les musiciens, pas nous! Bref, je vous laisse avec ma chanson Alt-J du moment, "Taro", dont j'ai entrepris d'apprendre les paroles, car oui, ce sont de vrais mots en anglais, je vous jure.

Je pense que la vidéo reflète bien ce que je dis, à la fois sur la qualité des morceaux, la bizarrerie des membres du groupe et la difficulté à décoller un peu sur scène.

Absolument remontée par les chansons d'Alt-J, et aussi un peu par la frustration d'avoir manqué d'attraper la baguette de leur batteur à 1m près, direction la Grande Scène où venait de commencer Franz Ferdinand. A départ, on devait s'asseoir sur un talus à proximité, un membre de mon équipage (le thème de l'année était la mer, je fais un effort) étant peu en forme ce jour-là, mais à l'écoute du rythme implacable de "No you girls", j'ai eu beaucoup de mal à résister et j'ai fini par aller m'infiltrer dans le public en sautillant à l'écoute de "Do you want to". Finalement, en partant d'assez loin, j'ai réussi à passer plusieurs phases du public, gens vaguement attentifs, gens qui profitaient d'être peu serrés pour sauter de partout, gens qui étaient là pour voir un peu ce que c'était, en enfin, un peu plus près, des gens contents d'être là, emportés par l'enthousiasme général. Les Écossais ont enchaînés les tubes avec une énergie absolument contagieuse et qui semblait inévitable, et, ce que j'ai vraiment apprécié, issus de tous leurs albums, de Franz Ferdinand sorti il y a une dizaine d'années à Right thoughts, right words, right actions, qui devait arriver quelques jours après le concert. Moi qui connais leur discographie, j'ai retrouvé à peu près toutes mes chansons préférées, et ça fait plaisir. Bilan : ils ont vraiment, vraiment assuré, et c'est un peu ce que j'ai entendu de partout d'ialleur. En bonus, la bonne communication avec le public et la présentation du groupe par le chanteur/guitariste Alex Kapranos, au taquet, et auteur de ce qui est apparemment une blague dont il comprend parfaitement le sens sur son batteur qui "a une très très grosse beat". Mon seul regret est d'avoir manqué la fin, car le membre malade de mon équipage s'était reposé pour aller voir le prochain artiste...

J'ai choisi "Michael", de leur premier album, car je pense que les singles plus récents sont déjà assez dans les têtes. Si vous cherchez des clips plus déjantés, je vous conseille celui de "Evil eye", qui vient de sortir...

Le prochain artiste, c'était Kendrick Lamar. Autrement dit, une preuve que Rock en Seine, c'est quelque chose de reconnu à l'étranger! Bon, j'ai un peu écouté son album que je trouve plutôt pas mal, sans être une grande fan de hip hop, je sais apprécier deux ou trois choses qui valent le coup. Si l'on fait abstraction de la panne de micro au milieu du concert, bravo la scène Cascade, je l'ai trouvé plutôt bien. Pas mal de gens connaissaient quand même ses morceaux, et il a vraiment voulu communiquer avec le public au cours de son live, "One hand, two hands, jump" et beaucoup de "modafucka" qui ont permis de mettre un peu d'ambiance. Cela dit, je ne dirais pas non plus que c'était la folie, Kendrick a déjà vécu ce concert de fou je ne sais plus où à Paris il y a quelques mois, avec un public incroyable ; là, il était assez bon, mais sans non plus vraiment faire monter la mayonnaise, pour utiliser une expression très peu "east coast rapper".

Un single de son album, qu'il a fait en live, et que j'aime bien.

On s'est ensuite rendus au fond du public de la scène Industrie pour voir Hanni El Khatib très en forme, très énergique, avec son rock un peu garage tendance blues - ça explique peut-être les encouragements de Dan Auerbach, chanteur/guitariste des Black Keys. Je ne connais pas très bien ce qu'il fait, mais même sans être au coeur de la foule en délire, j'ai pu bien apprécier ce live énergique, et repartir contente de l'avoir vu et avec l'envie d'écouter un peu mieux ses chansons. D'ailleurs, heure tardive, absence d'alternative attrayante, ou intérêt réel pour la musique d'Hanni, il y avait du monde!

Je ne fais pas dans l'original pour ce single, mais lui fait dans l'efficacité!

Pour finir la soirée, on s'est rendus vers la Grande Scène pour assister à la fin du set de Paul Kalkbrenner, faiseur d'électro allemande. À l'aise comme chez lui sur scène avec des "Vous croyez que c'est fini, mais non!", il a mixé...ben...de l'électro. Je n'avais jamais entendu parler de lui, apparemment, des gens étaient venus à Rock en Seine en partie pour le voir, mais je ne vois pas trop comment je pourrais écouter ce qu'il fait en tant que musique que je mets dans mon iPod. C'est ce que font certaines personnes, qui semblaient transportés par les beats électro de ce mec, et peut-être aussi, pour certains, par d'autres substances, mais passons. Disons que pour moi, Paul K (c'est son surnom je crois) fait de la musique que je serais contente d'entendre en boîte de nuit, mais vraiment, sans aller plus loin dans mes investigations.

C'es ainsi que s'est terminée ma première journée de Rock en Seine 2013.

Je rédigerai dans la foulée mes petits reportages pour les jours 2 et 3, et peut-être aussi un bilan, ou du moins quelques jolies photos-souvenirs que j'ai pu trouver des artistes qui m'ont plu.

Publié dans Musique, Concerts