Rock en Seine, Jour 2

Publié le par Eva Pigeon

Rock en Seine, Jour 2

Et comme j'avais pris un pass 3 jours, c'est reparti le samedi après midi pour la deuxième journée de festival.

Le premier concert de la journée fut celui du groupe multiculturel Fi/she/s à la scène Industrie. Je ne suis pas sûre d'en avoir entendu parler non plus avant d'être allée les voir. Début de journée oblige, les spectateurs n'étaient pas spécialement nombreux et j'ai pu me mettre assez près de la scène. Fi/she/s est un groupe de 3 garçons qui font une espèce d'électro-rock-psyché un peu aérien, des platines et des claviers, de la batterie et des guitares dont le son est travaillé de façon à créer des atmosphères planantes mais pas forcément trop molles, accentuées par les harmonies vocales. Le groupe jouait pour la première fois à un festival, je crois, et ne devait pas avoir bien l'habitude des grandes scènes, ce qui est peut-être la raison pour laquelle ils sont restés un peu statiques, mais restait assez investi dans ses interprétations jusqu'à l'envolée finale de leur dernier morceau et leurs remerciements, qui m'ont laissé une bonne impression et l'idée que ça valait peut-être le coup d'aller les écouter sur YouTube.

Après Fi/she/s, j'ai couru à la Grande Scène pour aller voir un artiste que j'aime vraiment beaucoup et dont j'ai déjà parlé ici : Eugene McGuinness. Ayant réussi à me mettre au deuxième rang, j'étais assez contente, même si cette scène là est peut-être un peut trop éloignée des barrières qui délimitent sur le devant la zone des spectateurs. J'ai même pu le voir pendant qu'il réglait les balances, mais ceci n'est pas très intéressant. Eugene a été très bien, jouant alternativement des chansons de son dernier album (dont "Joshua" et "The invitation to the voyage", mes préférées), d'autres plus anciennes (la classique "Fonz" par exemple) et même le teaser de son prochain album, "Fairlight". L'ordre des chansons était bien choisi, selon moi, et tout le groupe donnait de son énergie. Mais je dois avouer que j'ai été un déçue par ce concert, pas du tout à cause d'Eugene, mais plutôt des conditions de sa performance. Ce n'était pas une bonne idée d'avoir programmé son concert sur la Grande Scène, il n'est pas assez connu, en France du moins, j'imagine. Le résultat a été que la plupart des gens qui étaient là, y compris tout le premier rang, étaient juste venus prendre des places à l'avance pour le concert suivant (Black Rebel Motorcycle Club), voire (surtout) celui d'après (Nine Inch Nails, y compris des enfants qui devaient avoir 10 ans et que leurs parents fans de métal avaient affublés de sweats merchandising et je suis désolée mais je suis sûre qu'ils s'en foutaient complètement d'être devant moi, ces enfants, mais peut-être m'égaré-je un peu). En tout cas, le résultat a été que l'ambiance dans le public était vraiment faible, et j'ai trouvé ça vraiment dommage pour un artiste qui du coup jouait devant des gens qui n'avaient pas spécialement envie de l'entendre, malgré son professionnalisme et son talent. Par ailleurs, quand on est sur la grande scène, encore plus que sur les autres scènes du festival, timing oblige, pas vraiment le temps de s'attarder une fois que le quota de chansons est épuisé. Enfin, cela dit, Eugene rules quand même.

Du coup, je mets "The invitation to the Voyage" en live, la qualité est assez bonne pour une vidéo prise depuis le public!

Après avoir quitté Eugene, que j'appelle donc toujours par son prénom, on a réussi à se faufiler subrepticement jusqu'au deuxième rang de la scène Cascade pour voir La Femme. Ma principale motivation était que "Sur la planche" était devenu un invariant des soirées que j'avais pu faire avec les copines qui m'accompagnaient, et je connaissais par ailleurs quelques autres chansons (les singles sûrement, je ne sais pas). Et je le dis direct : c'était de loin le concert le plus drôle de tout le festival. Après un problème technique de micro qui a forcé le groupe à partir puis revenir une fois qu'il a été réglé, le concert a été un enchaînement des chansons de leur album "Berlin Psycho Tropical" et franchement, j'ai eu envie d'écouter l'album au-delà des singles après ça. Les chansons sont vraiment rafraichissantes, avec des rythmes qui te forcent à bouger, ce qui explique peut-être l'ambiance assez dingue qui régnait dans les premiers rangs du moins. Peut-être aussi que parce que c'était un groupe français encore peut connu à l'étranger (je sais qu'ils tournent un peu en Angleterre notamment, en ce moment, je leur souhaite que ça marche) et que les gens étaient vraiment venus les voir en toute connaissance de cause, en tout cas, tout le monde sautait de partout ou faisait un concours de chorégraphie saccadée avec leur chanteuse (les deux, peut-être?), le tout assorti de quelques pogos (supportables) sur le devant, et surplombé par la sortie fulgurante d'un claviériste qui a décidé, pour "Sur la planche", de venir surfer sur le public. Avec une planche de surf. Je vous le dis, c'était très drôle. Je retourne les voir en octobre.

Finalement, un assez beau résumé de l'attitude du groupe...

Après tant d'émotions (et d'exercice physique, en fait, La Femme en concert, partenaire de mangerbouger.fr), direction la scène Pression Live. Mais comme on avait quand même besoin d'une petite pause, on n'a fait qu'écouter distraitement Wavves, sur lesquels je n'ai donc aucun avis, avant d'aller nous mettre devant Valerie June. Ne connaissant qu'assez peu ce qu'elle faisait, je savais juste que Dan Auerbach des Black Keys l'avait soutenue dans la production de son album, ce qui m'a semblé être tout simplement un bon présage. Comme elle l'a expliqué, elle a choisi le tracklisting de façon à faire démarrer le concert en douceur et de gagner progressivement en intensité et en énergie jusqu'à la fin. Pourquoi pas! Le concert a ainsi été une alternance entre banjo (étrange, impressionnant, inattendu, je ne sais pas trop comment qualifier ma réaction face à Valerie June jouant du banjo avec aisance), guitare sèche et guitare électrique, entre chansons très influencées country et d'autres plus blues ou blues-rock. Par ailleurs, Valerie, charmante, a ponctué son concert de petites adresses au public avec un accent très...Tennessee, y compris une anecdote à propos de s'accepter tel que l'on est et de ne pas laisser traîner ses sous-vêtement dans des chambres qui ne sont pas familières, je crois, tout cela était un peu confus. Une découverte agréable, pour le reste du public aussi apparemment, puisque pas mal d'entre eux étaient aussi là pour le concert suivant (mais ont, cette fois, vraiment fait la démarche d'apprécier la musique et de rendre l'ambiance sympa).

Définitivement le côté blues-rock-Black-Keys-fin-du-concert de Valerie June.

Et enfin, le dernier concert du samedi, comprendre le résultat d'un dilemme cornélien qui nous a forcés à choisir, avec violence, larmes et désespoir, entre les géants et adorables Phoenix, et les touchants et sympathiques mecs de Fauve. Tranché par un membre de mon équipage qui leur donnait sa préférence ; nous sommes allés voir Fauve. Ou plutôt, nous avons attendu une heure au même endroit. Pour le coup, la très grande majorité de spectateurs étaient là pour eux, souvent à l'avance, et souvent rescapés du même dilemme qu'un des membres du groupe a lui-même déploré sur Twitter, parce qu'il serait bien allé voir Phoenix aussi. Bref, le concert m'a permis de découvrir les morceaux en live, moi qui avait acheté l'EP Blizzard sur iTunes et écouté les chansons restantes sur YouTube. Le choix des images de l'écran en fond de scène collait bien avec l'atmosphère du groupe en général, et on a pu voir un chanteur investi qui circulait de long en large tout au long du concert, en s'aventurant parfois sur les flightcases devant la scène, et les chansons ont pris d'autant plus d'ampleur que le public, comme moi, les connaissait bien, mention spéciale aux "Ouuuuuuh, ouhouhouhouuuu" de "Blizzard". Ultime moment de la soirée : "Kané", après un petit discours du chanteur qui nous a expliqué à quel point ils étaient contents d'être arrivés à Rock en Seine, et si vite, et qu'il s'agissait de leur dernier concert avant de partir en studio enregistrer leur premier album. "Kané", disais-je donc, sur laquelle ont fini par débarquer les membres de La Femme pour sauter de partout sur scène, ou dans le public, peu importe, dans une euphorie finale.

Kané en session Le Mouv'.

Fin du jour 2. Conclusion concise.

Pour étoffer la conclusion concise, une video-compile de quelques concerts de cette journée. Avec des morceaux d'Eugene, des chorés de La Femme et de ce que devait être Phoenix sur scène (je n'ai entendu que de très bons retours, d'ailleurs, il faut le dire, et je n'en doute pas!)

Publié dans Musique, Concerts

Partager cet article

Repost 0

1 2 > >>