La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Publié le par Eva Pigeon

Et on arrive finalement à la seconde partie de mon article sur ce que j'ai écouté en 2014. Bon, peu importe le délai, l'important c'est de partager ! Voici donc mes commentaires sur des albums sortis l'année dernière sans avoir fait autant de bruit que ceux qui figuraient dans les tops, mais aussi sur des choses découvertes via mes explorations musicales personnelles, de tous les styles et de toutes les décennies.

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Comme d'habitude, je vous ai préparé une petite playlist qui part de la première vidéo et qui enchaîne avec toutes les autres. Enjoy !

D'autres sorties de 2014

The Do - Shake, Shook, Shaken

Je m’étais arrêtée au premier album du groupe, sorti il y a déjà quelques années et révélé par le fameux “On My Shoulders”. C’est un disque que j’avais beaucoup aimé, et que je trouve toujours assez bon, même s’il me semble qu’il bascule parfois un peu dans le too-much. J’avoue ne pas du tout m’être intéressée au deuxième, et c’est en fait cet enregistrement de La Blogothèque qui m’a donné envie d’écouter Shake, Shook, Shaken.

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Une assez bonne idée à vrai dire, car le groupe change de style et reste dans la qualité avec toujours la voix bien reconnaissable d’Olivia mais, plus de synthétiseurs et des chansons presque plus agressives, encore que je ne sais pas si c’est le bon terme, car l’album s’écoute vraiment très bien.

Deux extraits pour le prix d’un, du coup. Je préfère presque ces versions aux versions studio.

Gush - Mira

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Déjà évoqué ici comme un groupe qui a accompagné mon été. Sans placer Mira parmi mes albums préférés de l’année écoulée, je le recommande à tous ceux qui sont enclins à apprécier l’électro-pop-rock dansant qui donne envie de chanter très fort, quitte à ce que ce soit aussi très faux. (Pour de plus amples informations, cf le concours Dirty Singing organisé il y a peu par le groupe…)

The Growlers - Chinese Fountain

Un peu comme Mac DeMarco, The Growlers font partie de mes découvertes marquantes de l’année passée. l’affiche du concert où je suis allée les voir en octobre dernier les décrit comme faisant du “Voodoo psyche pop". Et c'est en fait une description assez pertinente du son des Growlers. Même s'il est un peu plus propre sur leur dernier album, Chinese Fountain, il n'en reste pas moins sorti d'une cave située en sous-sol d'une plage de Californie où l'on va surfer puis faire un concert sur la plage. Le premier album du groupe que j'ai pu écouter est Hung At Heart, sur lequel je suis fan d'à peu près toutes les chansons, en particulier "Naked Kids" et "One Million Lovers". Le groupe nous balade entre influences vintage ("Naked Kids", justement, avec ses synthés), influences folk ("Living in a memory"), sonorités un peu folkloriques ("Pet Shop Eyes") ou encore rock lancinant ("Salt On A Slug").

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Leurs albums précédents sont peut-être un peu plus unifiés dans leurs influences ; Are You In Or Out ? par exemple, sur lequel on trouve "Empty Bones", "Wet Dreams", "Wandering Eyes", "Acid Rain" reflète une impression globale d'une musique aux inspirations encore une fois vintage aux mélodies en forme de vagues. Pour ce qui est de Chinese Fountain, j'avoue avoir au départ été un peu déçue, avoir trouvé cet album un peu trop lisse. Mais en le réécoutant, je pense en fait que les morceaux sont bons, qu'ils s'enchainent bien, et que si cet aspect un peu crasseux du son a été amoindri, les atmosphères ensoleillées malgré toujours cette partie ombragée, le caractère festif, malgré toujours cette touche de mélancolie, qui caractérisent pour moi les Growlers, sont toujours là.

Premier morceau sautillant de Chinese Fountain

L'une des premières chansons du groupe que j'ai écoutée, définitivement parmi mes préférées.

Un peu de vintage

Évidemment, quelques autres explorations personnelles méritent à mon sens d'être partagées...

The Beatles

Commencée à la fin de l’année dernière, mon entreprise de découverte des Beatles s’est poursuivie en 2014. J’avais dit ici que j’étais plutôt early years, mais c’était avant que j’écoute Rubber Soul, Revolver et Abbey Road en entier.

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Abbey Road est désormais mon album préféré du groupe, inutile de trop m’étendre dessus étant donné les pages et les pages qui ont déjà été écrites à son sujet, mais vraiment, il s’écoute sur une seule chanson sans jamais être uniforme, et on passe de "Come Together" à "Octopus Garden" ou "Golden Slumbers" comme d’une étape à une autre sur un trajet où chaque nouvelle écoute nous permet de faire une nouvelle découverte sur une ligne de basse ou un choeur. Rubber Soul et Revolver, un peu plus jeunes, et surtout Revolver, font de très beaux albums de transition entre Help! et Sgt. Pepper’s Lonely Heart Club Band. Si j’accroche beaucoup avec l’apparition du sitar d’Harrison, j’ai encore un peu de mal avec la période psyché qui a suivi. Mais je sens que ça viendra.

The Beach Boys

Bizarrement, c’est cet été que j’ai eu une belle phase Beach Boys. Bien sûr, je connais le groupe depuis un bon moment ; ça faisait en fait plusieurs années que j’écoute l’un de leurs best-of, et que je danse toute seule sur “Barara Ann” et “Wouldn’t it be nice”. Mais j’ai acheté il y a quelques mois Pet Sounds, considéré par beaucoup je le sais comme le meilleur album du groupe.

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

J’imagine que le fait qu’on y trouve un grand nombre de leurs morceaux les plus connus est déjà assez révélateur, mais effectivement, je l’aime beaucoup. Un bon nombre de chansons pleines de joie montante, entrecoupée de quelques moments un peu plus mélancoliques, ou en tout cas moins enjoués comme “God Only Knows”, bien sûr, ou “Oh Caroline”… On se sent bien.

Simon & Garfunkel

J’ai toujours aimé Simon & Garfunkel. Un peu comme les Beach Boys, j’avais acheté un best of il y a quelques années, puis j’ai fini par acheter un album. Sounds of Silence commence par cette chanson dont je ne me lasse jamais. Il comporte moins de singles que Pet Sounds dont je viens de parler, mais n’en est pas moins très agréable.

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Pour moi, Simon & Garfunkel s’écoute quel que soit le contexte, mais leurs chansons correspondent particulièrement bien je trouve aux journées d’hiver où il fait assez froid mais où il fait aussi très beau. “Leaves That Are Green” ne peut que vous donner envie d’aller vous promener dans un parc. Mis à part mon affection pour toutes les chansons de l’album, j’ai trouvé assez drôle de pouvoir comparer les sons de “Blessed” avec ceux de Revolver des Beatles, par exemple. Puisque j’ai continué mon exploration Beatles.

The Smiths

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

The Smiths est un groupe dont j’entends parler depuis des années, c’est vrai, mais que je n’avais jamais vraiment pensé à aller écouter pour autant. Et 2014, année où j’ai commencé à écouter The Smiths, donc. Décidément, les best-of (ici, je parle de Singles) sont fort appréciés. La voix inimitable (mais que j’imite toujours quand même) de Morrissey, ces phrases de guitare bien reconnaissable et ces mélodies qui restent assez imprimées dans la tête pendant des heures après l’écoute pour qu’on ait envie de les chanter même dans la rue…

Je ne m'en lasse pas.

Et du bon son en général

SomethingALaMode

Une découverte récente et assez sympathique, un duo électro français qui s’amuse à multiplier les références, de Schubert à Lagerfeld, dans des morceaux fluides avec des riffs de violons comme quasi-constante, qu’on a parfois envie de mettre en mode repeat pour bouger un peu plus longtemps.

The Libertines

Il y a quelques mois je discutais avec quelqu’un et je lui expliquais que je connaissais tous les albums des Strokes mais un seul des Libertines. Il m’a répondu que pour lui on commence par écouter tous les Strokes, tous les Libertines, et qu’on voit pour le reste ensuite. Bon, j’en suis donc à un seul album des Libertines, mais évidemment, vu sa qualité, je compte écouter le reste aussi. Chaque chose en son temps, je trouve qu’on a déjà bien à faire avec le disque éponyme du groupe…

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Du bon rock bien direct, dont on sent aussi un bon potentiel live avec des refrains comme celui de “The Man Who Would Be King”. Oui, parce que le concert des Libertines à Paris au mois d’octobre a provoqué des vagues d’enthousiasme avant et après. Qu’il s’agisse des morceaux assez bruts comme “Can’t Stand Me Now” ou de chansons entrecoupées de moments plus calmes comme “Music When The Light Goes Out” et même “What Katie Did”, on se sent pris par ces instruments qui nous obligent à monter le son pour bouger en rythme.

Girls In Hawaii

Je me souviens avoir acheté Everest, l'album du groupe sorti en 2013, un jour où je voulais me remonter le moral. J’aimais assez “Not Dead”, le single qui passait assez souvent à la radio depuis quelques temps, donc j’ai eu envie d’écouter tout l’album. C’est un petit achat dont je n’ai pas été déçue ; alors certes, il ne remonte pas le moral parce que ses chansons sont enjouées.

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Il remonte le moral parce qu’elles sont assez jolies, même si tout l’album est empreint d’une mélancolie peut-être en partie due à la perte de l’un des membres du groupe. Rythmé par des envolées plus épiques comme “We are the living” ou “Rorscach”, calmé par les mélancoliques “Misses” ou “Here I belong”, mitigé par “Not Dead” ou “Mallory’s Heights”, Everest est finalement un album assez doux dont l’ascension se fait à la fois en continu et en émotions nuancées.

Blood Red Shoes

Moi qui me désole de l’absence prolongée de The Kills (et qui ai récemment été ravie d’écouter un nouveau morceau de Drenge, ici si ça vous intéresse aussi), j’ai été totalement enthousiasmée par ma découverte de Blood Red Shoes.

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

Encore un duo guitare/batterie, garage, brut, franc, comme je les aime. Les deux jeunes Anglais de Brighton en sont déjà à leur quatrième album. J’avoue que j’ai surtout écouté le groupe sur YouTube, et pas forcément par albums. Par de critique ici d’un ensemble de chansons mis dans une ordre précis et livrés tous ensembles, donc. Simplement le plaisir des riffs bien sentis, des coups de la batterie bien assénés et du chant que j’ai envie d’accompagner avec le mien.

James Blake

Pour finir, quelque chose d’un peu différent de ce que j’écoute habituellement et majoritairement. J’ai regardé dans quel style il était classé par iTunes…peut-être “Musique religieuse” est-il un peu excessif. À vrai dire je ne sais pas trop ce qui est le plus approprié. J'ai déjà entendu "Post-Dubstep", mais je ne suis pas sûre de savoir à quoi ça correspond. Autant donner mes impressions personnelles sur cette musique.

La musique de 2014, épisode II : d'une Chinese Fountain à Abbey Road

À vrai dire, c’est le surgissement de “Overgrown” dans un ordre aléatoire qui m’a montré que j’accrochais vraiment à l’univers de James Blake. C’est un univers assez sombre, souvent éthéré, comme si on se promenait dehors la nuit en rase campagne, sans vraiment savoir ce qui va nous tomber dessus. De grosses influences hip-hop, une utilisation fréquente des infra-basses, une voix mélancolique, peut-être que c’est tout ceci qui m’a déjà fait entendre qu’on trouvait ces chansons “oppressantes”, un peu “stressantes”. Personnellement, ce n’est pas ce que je ressens, mais je ne pense pas que la musique assez chargée de James Blake puisse laisser indifférent. Je vous laisse avec un extrait de son deuxième album, Overgrown, la chanson du même titre, et je vous conseille aussi “Limit To Your Love”, sa cover de Feist qui figure dans son premier album, James Blake.

C'est sur ces notes bleutées que je conclus cet article. Il se trouve que je ne publie tout compte fait pas plus d'articles, et pas plus fréquemment cette année que précédemment, contrairement à ce que je pensais... Mais promis je reviens très vite, sûrement avec une petite playlist !

Publié dans Musique, Best of the year

Partager cet article

Repost 0