The Kills

Publié le par Eva Pigeon

Aujourd’hui je vais vous parler de l’un des groupes que j’aime depuis longtemps. Depuis 2008 et la sortie de leur troisième album ; j’espère que vous les aimerez aussi.

Photo : Ed Miles

Photo : Ed Miles

The Kills est un duo composé d’un guitariste anglais parfois chanteur, Jamie Hince, d’une chanteuse américaine parfois guitariste, Alison Mosshart, d’une boite à rythme et de génialité. (Pardon mais je ne fais pas un article sur eux pour dire qu’ils sont mauvais.)

Donc, j’ai découvert le groupe en 2008, lorsque j’ai acheté Midnight Boom sans aucune écoute préalable d’aucune chanson, sur les bons conseils de Rock & Folk me semble-t-il. Mais depuis, j’ai fait l'acquisition de toute leur discographie et j’ai envie de vous en parler depuis leurs débuts.

The Kills

Apparemment Jamie & Alison se sont rencontrés dans un hôtel où chacun résidait avec son plus ou moins groupe respectif. Une rencontre qui a abouti donc à ce groupe et, en 2003, à un premier album, Keep on your mean side. On découvre le son définitivement un peu sale d’un duo influencé par des groupes comme le Velvet Underground. La première chanson, “Superstition”, en fait l'ouverture avec un son de boite à rythme incertaine, sur lequel se superposent un riff répétitif de guitare saturée, puis la voix un peu nonchalante d’Alison rejointe par Jamie de temps en temps, pour une chanson entrecoupée de moments un peu trainants à la limite entre le brouillon et le soigné. C’est le ton de l’album en général qui est donné, un album à l’atmosphère globalement un peu sombre et pas non plus très clair, au sens d’un peu sale, et on imagine très bien ce rock tendance garage joué dans, justement, un garage mal éclairé. Certains morceaux au tempo plus rapide s’énervent pour donner “Fried my little brains” ou bien “Fuck the people”, directs. Certains combos riff/rythmique donnent plutôt envie de balancer la tête de manière presque groovy, comme “Hitched”, où Jamie & Alison chantent “Keep, keep on your mean side”, ou (ma préférée) “Kissy kissy”. Le disque coupé par “Hand”, intermède où on entend Alison parler comme dans un mauvais message téléphonique, renferme donc 11 chansons finalement un peu agressives dans la correspondance entre la musique et des paroles pas toujours très sympa, et se clôture par “Monkey 23”, plus flottant, puis enfin “Gypsy death & you”, beaucoup plus calme et minimaliste.

L’urgence du morceau colle assez bien avec l’atmosphère générale de l’album, je trouve.

The Kills

Keep on your mean side a été rapidement suivi par No Wow, sorti l’année suivante. L’un de mes deux albums préférés (certes, ça fait la moitié de la discographie). 11 pistes pour celui-ci, qui s’ouvre avec la géniale “No wow”, complètement obsédante dans une escalade de presque 5 minutes, qui part d’un petit bruit battant que Jamie arrive à tirer de sa guitare on ne sait comment, et s’achève dans un mélange de guitare et de voix qui encore une fois ressemble presque à un grand désordre auditif. Et on balance ainsi entre des chansons inquiétantes comme “Dead road 7”, empressées comme “The good ones”, ou “Love is a deserter” qui nous coupe dans notre élan avec des breaks silencieux, des chansons assommantes comme “At the back of the shell”, ou pleines d’une tension un peu lourde comme “Rodeo Town”. Là encore, on a droit à quelques intermèdes home-made que les Kills apprécient autant que les livrets de paroles où ils entassent des photos d’eux dans des photomatons et autres images perso : la fin de “No wow”, et celle de “Ticket man”, où Alison pose une voix lointaine sur une sorte de métronome et quelques notes de piano assénées ponctuellement, et qui se finit donc par un bruit de boots qui quittent le studio d’enregistrement. Sauf qu’on aimerait bien qu’elles reviennent le plus rapidement possible.

Le nom de l’album, la première chanson, les mots qu’ils y répètent le plus.

The Kills

Les boots des Kills ont cette fois attendu un peu plus longtemps avant de revenir nous apporter Midnight boom en 2008. C’est donc avec cet album un peu plus lumineux que les deux précédents que j’ai découvert le groupe. Encore des bruits de téléphone, cette fois dès les premières secondes où l'on entend une tonalité d’appel qui prend une forme de rythmique et accompagne alors “U.R.A. fever”, premier morceau un peu haché de l’album, avec des coups de guitare distordus qui entrecoupent les parties chantées par Jamie & Alison. Dans l’ensemble, si on reconnait bien le style des Kills, je dirais que le son est tout de même un peu plus clair que ce qu’ils avaient sorti avant. C’est peut-être pour ça que j’ai entendu dire que c’était un album plus commercial. C’est vrai que des chansons comme “Cheap and cheerful”, avec sa rythmique claquante, ses roulements de tambours et son tambourin, utilisée dans quelques séries télé notamment, est plus accessible que ce à quoi le groupe avait pu nous habituer. Ce n’est pas ça qui rend l’album mauvais, cela dit, loin de là. La boite à rythme et le refrain de “Tape song” ou bien “Last day of magic” nous laissent bien l’occasion de taper du pied et de secouer la tête, comme Alison lorsque sa frange cache presque complètement son visage. On trouve là-dedans des chansons un peu plus courtes que dans les anciens albums, dont deux morceaux de moins de 2 minutes, empressés, “M.E.X.I.C.O.C.U.” et “Alphabet pony”. Donc, des morceaux comme “Hook and line”, plus dans la continuité de Keep on your mean side et No wow, côtoient des boites à rythme un peu plus ludiques comme celle de “Sour cherry”. Quelques chansons assez calmes enfin : “Black balloon” qui finit par s’envoler, ou le final balançant “Goodnight bad morning”, où on retrouve aussi un petit piano pour prendre congé du groupe.

Une des videos à moitié home-made des Kills, j’aime bien.

The Kills

C'est trois ans plus tard que The Kills ont sorti leur dernier album en date : Blood pressures. Mon autre album préféré du groupe, comme on le devinera si on a l’esprit de déduction. De nouveau, des chansons qui font en moyenne 4 minutes, dont la première, “Future starts slow”, débute par une rythmique qui comprend des grands tambours sur scène, et un un riff qui correspond, je trouve, assez bien à l’atmosphère du CD. Une atmosphère moins lourde que celle des deux premiers, mais pas non plus l’aspect un peu plus fun de Midnight boom. En fait, je trouve cet album un peu plus aérien - enfin, aérien pour les Kills. Mais c’est un terme qui me semble approprié pour les choeurs envolés de “Satellite”, un peu angoissée, pour les autres choeurs de “DNA”, pour l’intermède un peu surprenante que constitue “Wild charms”, uniquement chantée par Jamie accompagné d’un melotron, ou encore pour la très belle “The last goodbye” où la voix d’Alison, plus basse et plus fragile que d’habitude, se pose sur une instrumentale mélancolique un peu grésillante. Même des chansons comme “Baby says”, “Damned if she do” ou “You don’t own the road”, qui gardent le plus les tendances garage, donnent l’impression que le groupe est sorti de sa cave et joue désormais un peu plus en hauteur. Blood pressures est peut-être un peu plus romantique que les autres disques dans son ambiance générale ; en tout cas c’est un album dont je ne me suis pas encore lassée, et qui se termine comme tous les autres avec l’un des morceaux les moins agités. Ici c’est “Pots and pans”, qui ressemble un peu à une chanson dans la veine des toutes premières, mais qui aurait été réarrangée pour une version acoustique avec des tendances un peu blues.

Un single qui me semble assez représentatif de l’album, et j’aime bien la vidéo, on voit toute la complicité qu’ils partagent, c’est beau.

The Kills n’ont pas donné d’information concernant un prochain album, Alison a été réaccaparée par son autre groupe, The Dead Weather, et Jamie peut-être par sa vie personnelle, mais le fait qu’ils recommencent à planifier quelques concerts pour cet été, en Amérique du Sud, mais aussi en France (une date avec les Black Keys où j'envisage bien de me rendre…), laisse peut-être bien présager un peu de nouveauté pour la rentrée prochaine…

En attendant, on peut continuer à profiter de ces quatre albums donc assez différents les uns des autres, mais tous très bien, me semble-t-il, de leur songwriting assez spécifique, et de l’impression, quand on écoute leurs morceaux, d’être en train de regarder le groupe s'amuser dans le studio.

Photo : Dean Chalkley

Photo : Dean Chalkley

En bonus, un petit documentaire assez cool sur l'enregistrement du dernier album

Publié dans Musique, Artistes

Partager cet article

Repost 0