La Femme, en album et en concert

Publié le par Eva Pigeon

Connaissez-vous La Femme?

La Femme est un groupe de six musiciens assez jeunes, cinq garçons et une fille, qui s'est formé petit à petit à partir de Biarritz et de 2010. Si j'ai choisi d'en parler, c'est que suite à mon expérience de leur concert à Rock en Seine, j'ai écouté leur album et je suis retournée les voir dans une petite salle il y a peu. Et je trouve qu'ils méritent un petit article parce que je les aime de plus en plus.

Marlon (chant, clavier), Noé (batterie), Sacha (clavier, guitare, chant), Sam (basse), Nuñes (clavier), Clémence (chant, clavier) - photo DR

Marlon (chant, clavier), Noé (batterie), Sacha (clavier, guitare, chant), Sam (basse), Nuñes (clavier), Clémence (chant, clavier) - photo DR

Le son de La Femme

Je crois que décidément, j'ai du mal à décrire rapidement le son d'un groupe, mais c'est peut-être juste que j'ai du mal à mettre les groupes dans des cases. Pour ce qui est de La Femme, comme l'a sagement dit Marlon dans une interview que j'ai regardée sur YouTube, avant la sortie de leur premier album, le groupe est sans doute trop jeune pour qu'on puisse déjà le définir clairement. Mais après une série d'EP, il a sorti Psycho Tropical Berlin en avril 2013 et il y a bien déjà quelques trucs qui se dégagent de ce premier album. Je me demande si le titre n'est pas déjà plus ou moins une définition de leur son par le groupe lui-même, mais moi je pense pouvoir vous donner une idée en donnant des influences et des impressions plus qu'une description proprement dite.

Le nombre des synthétiseurs donne déjà une idée de leurs influences un peu new-wave, mais on ne peut pas limiter le son du groupe à ça seulement. Il y a aussi des sixties en arrière-plan, de la pop, de l'électro, de la chanson française.

Oui, d'ailleurs, La Femme chante en français, ils font partie des exceptions de mon iPod.

J'ai découvert le groupe comme beaucoup de gens, en entendant "Sur la planche 2013" le matin à la radio, et honnêtement, même si j'appréciais la bonne humeur du morceau, je suis longtemps restée sceptique en m'arrêtant à cette seule chanson. Je me souviens qu'un jour j'ai parlé des nouveaux groupes français avec quelqu'un en disant que Fauve disait des choses alors que je ne voyais pas trop l'intérêt de La Femme. Bref, c'était pas terrible de me faire un avis sur un groupe à partir d'un single radio, et comme je l'ai déjà dit, ledit single a animé mes soirées pendant plusieurs mois. Donc, j'ai fini par écouter Psycho Tropical Berlin et il se trouve que La Femme, c'est beaucoup plus subtil que ça.

La Femme, en album et en concert

Créateurs d'atmosphères

Ils se décrivent eux-mêmes comme ça, un groupe qui vous fait changer d'atmosphère d'un morceaux à l'autre. On peut écouter "Antitaxi", un peu énervée, et "Sur la planche" ou même "Si un jour", qui donnent juste une envie irrésistible d'agiter la tête puis tout le reste du corps. Mais on peut aussi écouter des morceaux plus lents comme "La femme" ou "Le blues de Françoise" (j'aime beaucoup les sonorités du texte du refrain de celui-ci d'ailleurs), alors que l'instrumentale de "From Tchernobyl with love" pourrait sortir du Labo M qui compile des compositions abandonnées de M, mi-funky, mi-atmosphérique. On trouve aussi des clavecins, des mélotrons, des rythmes mécaniques. Je sais que le groupe a été pas mal influencé par des artistes français, mais ce n'est pas trop mon domaine donc je peux pas vraiment m'étendre sur le sujet.

Pour ce qui est des textes, j'ai pu lire des commentaires YouTube - ah, le plaisir inépuisable de lire les commentaires YouTube - sous la vidéo de "Hypsoline" qui parlaient du groupe comme de hipsters qui faisaient de la musique de hipsters, pour les hipsters, parce que le texte de la chanson n'a pas vraiment de sens en soi. Certes, certes, comment expliquer à ces gens que parfois aussi on écrit un texte pour le plaisir d'y mettre nos mots préférés ou de jouer avec les sonorités? Sans vouloir hisser subitement La Femme au niveau de Gainsbourg, je rappelle juste qu'il aimait faire ça aussi. Personnellement, j'aime beaucoup "Hypsoline". D'une façon générale, je trouve que les textes de cet album sont souvent intéressants. "Nous étions deux" est l'une de mes chansons préférées et je trouve la façon désinvolte dont des paroles aussi cinglantes sont chantées sur une musique sautillante plutôt drôle. En fait, je ressens le groupe comme souvent assez ironique, cf leur "From Tchernobyl with love", prononcé avec l'accent français le plus appliqué, sur un ton sorti d'un transistor, ou les prédictions menaçantes de Clémence sur fond de boîte à musique mignonnette dans "It's time to wake up (2023)".

Je crois que c'est assez approprié.

En fait, c'est "La Femme" et "Hypsoline" mis bout à bout avec la petite transition musicale, et un clip un peu fou.

Au contact de La Femme

Sacha sur la planche à Rock en Seine. Je viens de remarquer qu'on me voit sur cette photo.

Sacha sur la planche à Rock en Seine. Je viens de remarquer qu'on me voit sur cette photo.

J'ai donc enchaîné deux concerts du groupe en quelques mois, et ça vaut complètement le coup. Comme on l'entend sur l'album, ça se confirme sur scène, ils se font plaisir, ça nous fait plaisir, du coup on se fait plaisir aussi. Après Rock en Seine, voir La Femme dans une toute petite salle était plutôt sympa, parce que l'ambiance était du coup assez différente. Je pense que la moitié de la salle était en excursion-découverte du groupe, j'espère qu'ils ont apprécié ; je n'ai pas vraiment eu le loisir d'observer les réactions du public étant donné que j'étais littéralement collée à la scène… À Rock en Seine j'étais au deuxième rang, mais il y avait un espace avant la scène, alors que là, mes copines et moi étions assez près rentrer en contact avec le tibia de Sacha ou le micro de Marlon qu'il a fait passer au premier rang. (Mention spéciale également à son petit tournoiement badass qui a fini par éjecter ce même micro dans le public.) Par de planche pour cette fois-ci, mais l'ambiance était aussi folle, au moins devant, et le groupe vaut tellement le coup, entre les chorés de Clémence, leur énergie irrésistible, les instruments dont je ne connais même pas le nom, et tout le reste en fait - je répète qu'une bonne condition physique reste conseillée pour survivre à cette recherche de sensations, ceci était une référence.

Je termine sur ma rencontre avec Clémence et Marlon à la fin du concert, qui nous ont tous les deux dédicacé des Tshirts et des affiches, et qui étaient assez disponibles. J'ai pu papoter un peu avec Marlon, et comme mes copines de Rock en Seine étaient avec moi, on lui a raconté nos bons souvenirs, puis il nous a expliqué qu'ils partaient bientôt en Asie, en Angleterre, aux États-Unis, et honnêtement, j'espère que ça se passera bien pour eux, même si je sais qu'ils ont déjà un peu tourné à l'étranger. À tous ceux qui les appellent des gamins insupportables je réponds que Marlon a été charmant et que j'ai pu lui faire la bise pour conclure notre discussion, ce qui a un peu illuminé ma soirée.

Il y a "amour" dans le titre, et comme j'aime bien le groupe… C'est une ancienne version EP, comme les garçons l'ont expliqué dans le track by track, la nouvelle est un peu différente.

Publié dans Musique, Concerts, Albums