De la lecture pour l'été : The Great Gatbsy

Publié le par Eva Pigeon

On est tranquillement rentrés dans l'été maintenant, et en général, on a un peu plus de temps pour les loisirs en été, pour se reposer ou pour faire des choses qu'on ne fait pas habituellement. Et personnellement, c'est en général en été que je lis le plus.

Alors comme j'ai toujours aimé la lecture, je me suis dit que pour changer un peu (mais pas trop longtemps, hein) de la musique, j'allais vous écrire quelque chose sur des livres qui m'ont plu et qui me semblent être de belles lectures estivales. J'espère que vous aimerez aussi.

Photo : Karen Hollingsworth

Photo : Karen Hollingsworth

De Francis Scott Fitzgerald : The Great Gatsby (Gatsby Le Magnifique)

De la lecture pour l'été : The Great Gatbsy

Un énorme classique, peut-être. J'avais déjà acheté le livre avec le projet de le lire l'été suivant au moment où est sorti le film de Baz Luhrmann, que je suis allée voir au cinéma. Alors le propos n'est pas de faire la critique du film, donc j'arrêterai rapidement la mise en abyme en me contentant de dire que si j'ai trouvé le film agréable, avec une bonne bande-son, je l'ai trouvé un peu too much par endroits, et donc globalement légèrement décevant. Ce qui m'amène subtilement au livre qui, lui, ne m'a pas déçue du tout.

Mais alors, pas du tout. On peut résumer le sujet du roman (le sujet plutôt que l'intrigue à vrai dire) ainsi : le New-York des années 1920, dans tout de qu'il pouvait avoir d'enthousiasme comme d'excès, et la rencontre d'un narrateur presque trentenaire avec Gatbsy, un homme à qui tout semble avoir réussi, mais qui semble aussi pourtant se cacher en partie derrière un masque... Gatsby qui, dans sa relation avec un passé qu'il tente en fait de rattraper sans qu'il ne le rattrape d'abord, finira par se perdre.

De la lecture pour l'été : The Great Gatbsy

Et finalement, ce n'est pas spécialement le sujet lui-même qui m'a tant fait aimer ce livre. Je crois que tout tient beaucoup dans ce livre au style d'écriture de Fitzgerald. Avant d'oublier, le détail qui m'a paru important dans la comparaison du livre avec le film, c'est le point de vue interne de Nick Carraway, le narrateur. Alors que ce personnage reste complètement effacé dans le film de Luhrmann, avec les yeux ébahis que fait si bien Tobey Maguire, on en oublierait presque que c'est à travers ces yeux-là que se fait la narration. Et bien qu'il ait dans le roman ce regard, admiratif sur Gatsby et un peu perdu sur le monde, le point de vue de Nick est en fait beaucoup plus fin, parfois réfléchi ou encore ironique sur ce qui l'entoure.

Tout au long du livre, le travail sur le point de vue et l'écriture m'a complètement emportée. Pour citer un passage de l’œuvre, au moment où Nick évoque une soirée d'ivresse en ville, "I was within and without, simultaneously enchanted and repelled by the inexhaustible variety of life." est une phrase résume bien un aspect du livre, le fait que Fitzgerald retranscrit vraiment des atmosphères. De la description des fameuses soirées des années folles à celles d'une promenade, ou même des scènes entre Daisy et Gatsby auxquelles le narrateur n'a pas assisté, l'usage des images, des adjectifs, le rythme caressant des phrases, font naître devant nos yeux des scènes quasiment cinématographiques.

De la lecture pour l'été : The Great Gatbsy

Finalement, on est bien spectateur de l'extérieur et de l'intérieur à la fois. Et oui, on ne peut s'empêcher d'imaginer avec bonheur ces moments de délire où la musique fait comme perdre la tête à tous les invités de l'immense villa de Gatsby, tout en se disant que cet excès d'excès ne peut que créer, à la fin, des situations malsaines. Alors finalement, on observe, on se laisse bercer par la magie des mots et des images qu'ils font naitre et c'est avec une émotion un peu étrange, un peu comme si l'on se réveillait en fin d'après-midi après s'être endormi au soleil de Long Island, tandis que l'on repense au personnage de Jet Gatsby en relisant la dernière phrase : "So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past."

Et je terminerai avec quelques extraits du roman qui m'ont plu...

And so with the sunshine and the great bursts of leaves growing on the trees, just as things grow in fast movies, I had that familiar conviction that life was beginning over again with the summer.

I’ve been drunk for about a week now, and I thought it might sober me up to sit in a library.

It had gone beyond her, beyond everything. He had thrown himself into it with a creative passion, adding to it all the time, decking it out with every bright feather that drifted his way. No amount of fire or freshness can challenge what a man will store up in his ghostly heart.

I can't describe to you how surprised I was to find out I loved her, old sport. I even hoped for a while that she'd throw me over, but she didn't, because she was in love with me too.

On the last afternoon before he went abroad, he sat with Daisy in his arms for a long, silent time. It was a cold fall day, with fire in the room and her cheeks flushed. Now and then she moved and he changed his arm a little, and once he kissed her dark shining hair.

For Daisy was young and her artificial world was redolent of orchids and pleasant, cheerful snobbery and orchestras which set the rhythm of the year, summing up the sadness and suggestiveness of life in new tunes. All night the saxophones wailed the hopeless comment of the Beale Street Blues while a hundred pairs of golden and silver slippers shuffled the shining dust.

Publié dans Littérature

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